Montluçon : L’étoile ferroviaire délaissée qui réclame le retour des trains directs
Alors que la ligne Montluçon-Bourges-Vierzon doit rouvrir après travaux, l’association CODÉRAIL dénonce un réseau local dévasté et lance un appel urgent pour un débat national sur la mobilité ferroviaire, essentielle à l’attractivité et à la réindustrialisation du territoire.
Un constat alarmant pour une étoile ferroviaire oubliée
Autrefois carrefour ferroviaire majeur avec neuf branches, Montluçon n’est plus aujourd’hui que le terminus de plusieurs lignes TER sans correspondances entre elles. La situation actuelle est un frein au développement économique et à la mobilité des habitants.
Paris – Montluçon : Une liaison qui patine
La réouverture de la ligne Montluçon-Bourges-Vierzon est prévue dans 5 mois, mais les nouvelles ne sont pas bonnes :
- Travaux non modernisateurs : Seule une « régénération » a été effectuée, avec de nombreuses malfaçons.
- Aucun gain de temps significatif : Le temps de trajet vers Paris restera d’environ 3h20/3h50, avec une correspondance obligatoire à Bourges.
- Matériel roulant dégradé : Les Régiolis neufs pour lesquels les agents ont été formés seront remplacés par des X72500 plus anciens et moins confortables.
Nos revendications pour cette ligne :
- Le retour des trains directs Paris-Montluçon du matin et du soir.
- Une desserte permettant d’arriver à Montluçon avant 10h.
- Une desserte en mi-journée pour une arrivée à Paris en début d’après-midi.
Bordeaux – Lyon : L’absence intolérable de trains directs
Montluçon est une des rares sous-préfectures sans liaison ferroviaire directe ni avec sa préfecture de région (Lyon), ni avec celle de son département (Moulins).
Nos revendications pour cette liaison :
- Le retour d’un aller-retour Bordeaux-Lyon le matin et le soir.
- La création de trois aller-retour TER directs Montluçon-Lyon (matin, mi-journée et soir).
Fret et réindustrialisation : Le rail, un atout menacé
Un fort potentiel de fret existe (entreprises INVEHO, ROSIERES, NEXTER, projet logistique à St Florent, carrière d’Echassières). Cependant, la ligne Gannat-Montluçon est déjà saturée et inadaptée pour supporter le trafic annoncé, notamment celui lié au projet lithium (Yméris).
Notre crainte : Que l’état déplorable du réseau ne pousse au « tout routier », anéantissant les chances de réindustrialisation durable.
Un débat urgent et nécessaire
Après 15 ans de fermetures et d’abandon (Montluçon-Ussel, Bordeaux-Lyon, Paris-Montluçon direct), l’heure est à la mobilisation au-delà des clivages politiques.
CODÉRAIL propose l’organisation d’un débat réunissant l’État, SNCF Réseau, SNCF Voyageurs et les trois Régions concernées (Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Centre-Val de Loire). L’objectif : trouver des solutions durables et remettre le rail au cœur de la stratégie de développement du territoire.
Une proposition concrète : Demander le reclassement de la relation Bordeaux-Lyon en « Train d’Équilibre du Territoire » (TET). Cela transférerait la charge des travaux de modernisation à SNCF Réseau et à l’État, déchargeant les Régions d’une compétence qu’elles n’ont pas reçue.





